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Northern Newfoundland Club of Great Britain



L'histoire du Terre-neuve

Carnivore, digitigrade, à griffes non rétractiles de la famille des Canidés (loup, chien, chacal, renard, fennec), le chien de Terre-Neuve se rattache à la sous-famille des lupidés (loup, chien, chacal) du genre Canis et à l'espèce Canis familiaris.

Dans l'Antiquité et au Moyen Age, le Terre-Neuve, tel que nous le connaissons aujourd'hui, ne paraît pas avoir existé ni être connu.

La première classification digne d'intérêt a été établie en 1896 par le cynologue vétérinaire militaire Pierre Mégnin qui a imaginé quatre grands groupes : les lupoïdes, les molossoïdes, les braccoïdes, les graioïdes.

Dans cette classification, le Terre-Neuve appartient au groupe des molossoïdes, dont les principales caractéristiques sont une tête massive ronde ou cuboïde, un museau relativement court, des oreilles tombantes relativement petites, des lèvres longues plus ou moins épaisses et un corps massif. Le Terre-Neuve ne porte pas de cinquième doigt aux postérieurs.

Vers la même époque, en 1897, le professeur de zootechnie Cornevin de l'Ecole nationale vétérinaire de Lyon établit une classification méthodique en se basant sur certaines caractéristiques extérieures : taille, proportions corporelles, port des oreilles, genre de robe. Dans cette classification, le Terre-Neuve figure dans les races mésomorphes à oreilles tombantes, à poil long, de forte taille et à palmature interdigitale (cette palmature ne dépassant jamais la deuxième pha- lange). Cornevin distingue trois variétés : le Terre-Neuve indigène, dénommé aussi sous-race du labrador, la sous-race européenne et la sous-race de Landseer.

La première variété de Terre-Neuve

La première variété comprend des individus moins forts, moins trapus, la tête paraissant proportionnellement plus forte, de robe ordinairement noir jayet (jais), plus rarement brune très foncée. La race européenne, seule connue en Europe à partir du milieu du XIXe siècle, est alourdie, agrandie par un meilleur régime alimentaire; la taille ne descend guère en dessous de 70 cm, pouvant monter exceptionnellement jusqu'à 90 cm, alors que la précédente race est de petite taille (62 à 65 cm). La robe est également noir jayet avec ou sans tache blanche au poitrail ou à l'extrémité des doigts. La sous-race de Landseer est ainsi dénommée en l'honneur du peintre animalier anglais Landseer qui, pour des raisons d'effet pictural, présenta des Terre-Neuve avec une robe pie noir (il paraît vraisemblable qu'ils aient été obtenus par métissage avec le Saint-Bernard ou peut-être avec d'autres molosses).

Dès 1894, le professeur Dechambre, d'Alfort, publie dans le Bulletin de la Société zoologique de France une classification complète des races canines en utilisant et en appliquant les théories de son maître, le génial professeur Baron, d'Alfort; mais ce n'est qu'en 1921 qu'il en indique les détails dans son ouvrage Le Chien en se basant sur les formes de la tête, la nature des extrémités, les proportions corporelles, les variations de la taille et du poids, la nature du pelage, la couleur de la robe.

En ce qui concerne les profils de la tête, il reconnaît trois groupes : les rectilignes dont les axes longitudinaux frontaux et du chanfrein sont parallèles, les concavilignes à cassure du nez (stop) accentuée et, à l'opposé, les convexilignes au stop effacé. L'examen des extrémités (face, lèvres, oreilles) complète les caractéristiques du dernier groupe (extrémités épaisses, face large, lèvres grosses, oreilles plus ou moins épaisses et tombantes, tête insérée plutôt bas avec un occiput saillant).

Les proportions corporelles peuvent être trapues, ramassées (brévilignes) ou sveltes et allongées (longilignes). La forme intermédiaire dans laquelle on peut comprendre le Terre-Neuve est représentée par des sujets aux proportions moyennes (médioligne). Pour le poids et la taille, le Terre-Neuve est évidemment un géant. Dechambre le classe dans les concavilignes à oreilles tombantes, extrémités épaisses au stop accusé. Comme Cornevin, Dechambre distingue également trois variétés : le Terre-Neuve noir, le Terre-Neuve de Landseer, le chien du Labrador.

Le standard actuel

De nos jours si l'on s'en rapporte. au standard actuellement en vigueur et à l'examen des chiens examinés en exposition, nous pensons que c'est plutôt un subconcaviligne intermédiaire entre le parfait rectiligne et le concaviligne bien caractérisé.

En France, la Société Centrale Canine (fédération dirigeante de l'élevage et du sport canin) dans sa classification actuelle (en cours de refonte totale) fait figurer le Terre-Neuve dans le deuxième groupe (chiens de garde et d'utilité) à côté des autres géants dits chiens de montagne, avec lesquels d'ailleurs il possède des éléments analogiques. Les Italiens l'ont inséré en compagnie du Saint-Bernard dans une division dénommée Race de secours (Razza di soccorso).

Chez la plupart des cynologues et cynophiles français de notre époque, ce chien figure parmi les molossoïdes. La classification de Pierre Mégnin est normale, suffisamment scientifique, et a le grand avantage de "parler aux yeux" et d'être ainsi à la portée de tous ceux qui s'intéressent aux chiens.


Doggy ( Male)


Nancy ( femelle)


Nancy avec Le chiot ( Hero)


Piggy qui s'amuse